Vos équipes utilisent peut-être déjà ChatGPT, parfois avec des données clients. Voici ce qui change entre un compte personnel, une offre professionnelle d'OpenAI et une IA installée chez vous, pour choisir en connaissance de cause.
Un collaborateur colle un email client dans ChatGPT pour préparer une réponse. Un autre y dépose une grille de prix ou un extrait de dossier. Le gain de temps est réel, et la question arrive vite : où partent ces informations, qui peut y accéder, et est-ce compatible avec ce que vous avez promis à vos clients ?
La réponse dépend moins de l'outil que du type de compte utilisé et des données en jeu. Pour une entreprise, il y a trois grandes options.
Publié le 13 septembre 2026 par Quentin Steffen, consultant en automatisation IA à Bruxelles.
Pour l'offre professionnelle, je m'appuie uniquement sur la page d'OpenAI sur les données des entreprises, consultée le 13 septembre 2026. Ces conditions changent : relisez-les au moment de signer.
| Compte personnel | ChatGPT Business ou Enterprise | IA installée chez vous | |
|---|---|---|---|
| Où sont traitées les données | Chez OpenAI | Chez OpenAI et ses prestataires, chiffrées au repos (AES-256) et en transit (TLS 1.2 ou plus) | Sur une machine dans vos locaux |
| Qui gère les accès | La personne qui a ouvert le compte | L'entreprise administre les utilisateurs et les autorisations | Vous, avec la personne qui entretient le système |
| À qui sont les données | Selon les conditions du compte grand public | Selon OpenAI, les données de l'organisation restent sa propriété | Elles ne quittent pas vos machines |
| Conservation | Selon les réglages du compte, à vérifier dans ses paramètres | Contrôles de conservation pour les entreprises éligibles | Vous décidez de ce qui est gardé, et combien de temps |
| Stockage en Europe | À vérifier dans les conditions du compte | Possible pour les clients éligibles d'Enterprise ; Business n'est pas cité pour cette option | Les données restent dans l'entreprise |
| Puissance | Les modèles d'OpenAI | Les modèles d'OpenAI | Des modèles ouverts, dimensionnés selon la machine ; en retrait sur les tâches les plus lourdes |
| Coût | Gratuit ou abonnement individuel | Abonnement auprès d'OpenAI, selon l'offre | Dès 8 500 € HTVA hors matériel, puis matériel de ~2 500 à ~14 000 € HTVA selon la taille de l'équipe |
| Pour quoi | Des usages sans donnée client ni information interne | Un usage d'équipe encadré, après lecture du contrat | Les données qui ne doivent pas sortir de l'entreprise |
Un texte pour votre site n'a pas le même poids qu'un email client, un dossier médical, un bilan ou une grille de prix négociés. Classez d'abord vos données : ce qui peut aller dans un outil en ligne, ce qui peut y aller dans un cadre professionnel, et ce qui ne sort pas.
Si votre métier en impose un, dans la santé, le juridique, la comptabilité ou le notariat, la question dépasse la technique. Ce que votre déontologie permet avec un service en ligne est à vérifier avec votre conseil ou votre organisation professionnelle.
Un stockage en Europe ne répond pas à toutes les questions : il faut aussi savoir où les données sont traitées, par qui, et ce que prévoit le contrat. Je ne donne pas d'avis juridique sur ce point. Faites valider votre choix par votre conseil ou votre délégué à la protection des données.
Depuis le 2 août 2026, l'article 50 de l'AI Act ajoute des obligations de transparence, par exemple informer les personnes qu'elles échangent avec un système d'IA, une obligation qui vise d'abord le fournisseur de l'outil (le détail pour une PME). La Commission européenne publie des lignes directrices sur ces obligations.
Une offre professionnelle se paie en abonnement. Une IA locale demande un investissement de départ, installation et matériel, puis de l'entretien. Le calcul dépend du nombre de personnes et de l'usage réel.
Pour rédiger, résumer, trier ou chercher dans vos documents, un modèle local sur une machine bien dimensionnée couvre beaucoup de besoins. Pour les raisonnements les plus longs, les grands modèles du cloud gardent une avance. Un montage mixte est possible : le cloud pour ce qui n'est pas sensible, la machine locale pour le reste.
Sans rien acheter, vous réduisez déjà le risque.
Remplacez le nom du client par « Société A », retirez adresses, numéros et détails qui permettent de le reconnaître. L'ITAA recommande, dans un article de son blog sur l'IA générative, de « travailler toujours avec des cas anonymisés » ou de passer par des licences professionnelles.
Un compte personnel échappe à l'entreprise : vous ne savez pas qui l'utilise, avec quels réglages, ni ce qu'il contient le jour où la personne s'en va.
Une page suffit : les outils autorisés, les données interdites, et à qui poser la question en cas de doute. Votre équipe sait quoi faire, et vous savez ce qui se passe.
Elle se justifie quand une bonne partie du travail quotidien touche des données que vous ne voulez pas voir sortir : dossiers clients, santé, comptabilité, prix. Les modèles tournent alors sur une machine dans vos locaux, et les agents travaillent sur vos emails et vos documents sans qu'ils quittent l'entreprise.
Elle a moins de sens si vos usages restent génériques et vos données peu sensibles. Une offre professionnelle bien paramétrée peut suffire, et dans ce cas je vous le dirai.
L'installation, le matériel et la bêta encadrée de six mois sont détaillés sur la page IA locale en entreprise.
Information générale, pas un avis juridique. Sources : OpenAI, Commission européenne, ITAA, liens dans le texte.
En 30 minutes de visio gratuite, on regarde quelles données vos équipes manipulent et quelle option leur correspond.