Quentin Steffen a passé sa vie à donner aux gens les moyens de comprendre : aux ados de Schaerbeek, aux couples qui se marient, à ses propres enfants, et maintenant aux entreprises qui ont peur de l'intelligence artificielle. Cette page est faite pour les journalistes : qui il est, ce qu'il défend, les faits qu'on peut vérifier, les angles possibles, des photos libres de droits et un contact qui répond dans la journée.
Quentin Steffen a six ans quand il entre à l'académie d'Evere, à l'Espace Toots, une trompette dans les mains. Son père lui fait écouter les années 80 et 90 dans la voiture ; lui apprend le solfège, puis la guitare, le piano, le saxophone. Vingt ans plus tard, il a joué de l'afrobeat, du jazz et de la world-fusion sur des scènes de Belgique et d'ailleurs, sorti un EP avec Makara (Colors of Meditation, 2019), tenu la trompette pour Bertier, et il mène toujours What The Funk, dix musiciens de funk et de soul qui ont joué au Tournai Jazz Festival en juin 2026.
En 2012, il devient éducateur à AMOS, un service d'aide en milieu ouvert du quartier Josaphat, à Schaerbeek. Des pré-ados et des ados, souvent en décrochage, parfois sans école ni emploi. Formé média coach par Média Animation, il y mène depuis des années un projet média : les jeunes réalisent leurs propres reportages, démontent une image, une rumeur, une vidéo virale, comprennent comment une information circule et pourquoi un algorithme leur montre ceci plutôt que cela. Le but n'est pas de leur apprendre à se méfier de tout, mais de leur donner les outils pour juger par eux-mêmes. C'est ce même esprit critique, appliqué à l'intelligence artificielle, qu'il défend aujourd'hui auprès des entreprises.
Pendant la pandémie, il reprend avec l'équipe le collectif AdoMobile, né pour changer l'image des jeunes de Josaphat dans leur propre quartier. Huit jeunes de 15 à 17 ans au départ, vingt-cinq à la fin de l'année 2022. Ils distribuent de la soupe deux fois par mois, réparent des vélos, plantent un potager collectif et des vignes sur les façades, servent des repas aux voisins avec le café l'Estaminet, tiennent le bar aux fêtes du parc Rasquinet. Sans subside dédié, leurs défraiements vont dans une cagnotte commune qui finance leur propre camp de voile : le jeune paie son aventure avec son travail. Certains retrouvent une école, un CPAS, une confiance. Il est aussi le référent informatique de l'équipe, celui qu'on appelle quand l'ordinateur ne veut plus.
À côté, la musique le mène aux mariages. Il fait son premier mariage comme DJ en 2018, musicien depuis vingt ans derrière les platines, et fonde Prestige Sound en 2025 : une agence d'événementiel où sa femme officie les cérémonies laïques et où sa sœur fait les photos. Sur Google, l'agence affiche 5,0 sur 5 pour 49 avis. Un couple y écrit : « Quentin et Jessica ont construit notre cérémonie toute à notre image, avec l'aide de nos témoins. Quentin au piano, Jessica comme officiante. C'était plus beau que ce qu'on avait rêvé. » Tous les avis sont publics.
Il n'a pas de diplôme d'informaticien. Il a monté un studio d'enregistrement chez lui, où il produit ses propres disques et ceux des autres, et c'est la même logique qui l'amène au code : le soir, à la maison, parce qu'il en a besoin. Un site, des devis, un suivi de clients, puis des agents d'intelligence artificielle qui trient les demandes et préparent les réponses pendant qu'il valide. Dès le départ, une règle qu'il ne négocie pas : les prénoms de ses clients, leurs dates, leurs adresses ne partent nulle part. Ce qui touche à un mariage reste chez lui. Il construit ses outils autour de cette règle, et il découvre en chemin que presque personne, autour de lui, ne se pose la question.
À la maison, ce sont ses enfants qui posent les questions. Qu'est-ce que c'est, une intelligence artificielle ? Est-ce qu'elle sait tout ? Est-ce qu'elle va faire mon métier ? Et il se rend compte que tout le monde autour de lui a le sujet sur le bout de la langue : les parents à la sortie de l'école, les collègues, les clients. « Si tout le monde en parle, c'est que tout le monde a peur. » De plus en plus de gens lui disent qu'il faudrait tout arrêter, que ça va trop vite. Il les comprend : on n'a pas le temps de voir cette évolution passer devant nous. Ce qu'il propose, c'est de freiner un peu, localement, pour laisser aux gens le temps de comprendre ce qui pourrait vraiment leur faciliter la vie. « On parle beaucoup de suppression d'emplois. Ce n'est pas ce que je vis. Ce que je vis, c'est travailler mieux, avec des outils qui, si on n'apprend pas à s'en servir chez nous, prendront notre place. »
C'est de là que vient IA Privée. En 2026, il installe chez des PME et des associations belges une machine dimensionnée pour leur équipe, y fait tourner des modèles ouverts, la relie aux outils qu'ils utilisent déjà, et forme les gens qui vont s'en servir. Rien ne sort. Et si un jour on veut arrêter, on débranche.
Il a 38 ans, deux enfants de huit et cinq ans, il habite Evere et il ne parle que français. Il dit qu'il fait, au fond, le même métier depuis le début : donner aux gens les moyens de comprendre ce qui leur arrive, et de garder la main.
On va continuer à s'en servir, de plus en plus. Ce qui se décide maintenant, c'est si une PME belge, un cabinet, une association, gardent la main sur ce que la machine fait et sur ce qu'elle voit.
Trier des emails, préparer un devis, rédiger un compte rendu, retrouver un document : des modèles ouverts, sur une machine de la taille d'un livre, le font. La course à la puissance concerne quelques laboratoires, pas le quotidien des entreprises.
Dossiers de jeunes, secret médical, marchés publics, comptabilité : des secteurs entiers s'interdisent l'IA en ligne, à raison. Une IA installée dans les murs lève ce frein sans le contourner.
Plus de dix ans d'éducation spécialisée lui ont appris qu'un outil qu'on ne comprend pas décide à votre place. Chaque installation vient avec une formation, et avec un bouton pour tout arrêter.
Demandez à une IA en ligne un CV, un devis, une petite application : elle le fait en quelques minutes. Mais chaque demande lui apprend qui vous êtes, ce que vous faites, comment vous travaillez. Ces données servent à mieux vous connaître, et à mieux vous vendre. Sur une machine locale, ce que vous lui apprenez reste à vous.
Des centres de données utilisés par des millions de personnes, de l'énergie qu'on n'a pas en trop, un carburant et un pouvoir d'achat qui vont dans des sens opposés en Belgique. L'IA est déjà un outil incroyable : elle peut se permettre d'aller moins vite. Une machine chez soi coûte cher au départ, et c'est le prix pour continuer à construire son propre système au lieu de louer celui d'un autre.
« L'intelligence artificielle, on va continuer à s'en servir. La seule vraie question, c'est où vont vos données pendant qu'elle travaille. »
« Je ne vends pas de la puissance. Je vends une machine que vous pouvez débrancher, et une équipe qui comprend ce qu'elle fait. »
« Depuis 2012, j'accompagne des jeunes à Schaerbeek. Je sais ce que ça fait quand une technologie décide à votre place. Je ne veux pas que ça arrive aux petites entreprises non plus. »
« Dans mon AMO, on s'interdit ChatGPT à cause des dossiers des jeunes. J'ai construit ce qui permettrait de s'en servir quand même, sans que rien ne sorte. »
« Tout le monde en parle, à la sortie de l'école, au boulot, chez les clients. Si tout le monde en parle, c'est que tout le monde a peur. Je ne dis pas qu'il faut tout arrêter. Je dis qu'on peut freiner un peu, chez nous, et prendre le temps de comprendre. »
« Oui, une machine locale coûte cher. Mais vous continuez à développer votre système, avec vos données, chez vous. Le cloud, c'est louer un outil qui apprend sur vous à chaque question. »
L'IA fait peur à de plus en plus de gens. Un éducateur social propose de la garder à portée de main, dans les murs, plutôt que de la subir ou de la refuser.
Une PME belge paie des licences américaines sans savoir où vont ses données. Une machine à 6 000 € dans son bureau fait le travail pour la plupart des besoins. L'AI Act rend la question urgente.
CPAS, hôpitaux, AMO, avocats : le secret professionnel interdit l'IA en ligne. Une IA locale change ce que ces métiers peuvent faire de leur temps administratif.
Trompettiste, éducateur de rue, DJ, autodidacte du code, puis fondateur. Ce que ses métiers ont en commun : donner aux gens les moyens de comprendre.
Une machine allumée, un écran, dix minutes : on voit l'agent préparer une réponse, et on voit qu'aucune requête ne sort vers l'extérieur. Possible en studio, en visio ou à Evere.
Le nom de ses clients. Que l'IA locale « vaut ChatGPT » : l'argument est la maîtrise, pas la performance. Des chiffres qu'il ne peut pas sourcer.
Libres de droits pour un usage rédactionnel, mention « IA Privée » appréciée. Une machine en fonctionnement peut être photographiée ou filmée à Evere sur rendez-vous, et chez un client à partir de janvier 2027 avec son accord écrit.